Accessibilité des commerces : l’exclusion est une discrimination
Aujourd’hui, la justice nous rappelle que l’exclusion, même masquée, même justifiée par des règles, reste une discrimination
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Un tribunal belge vient de le rappeler avec force dans une affaire exemplaire : exclure une personne transgenre d’un espace de participation, sans justification valable, constitue une discrimination. Cette décision, rendue au nom du droit et de l’égalité, dépasse le cadre du sport. Elle nous oblige à regarder de plus près nos propres espaces de vie quotidienne, et à poser la question suivante : qui est réellement le bienvenu dans nos commerces ?
Chaque jour, des personnes en situation de handicap se voient refuser l’accès à un commerce. Pas avec des mots. Pas avec des règlements. Mais avec des marches, des seuils, des portes trop étroites, un éclairage inadapté, l’absence de rampes ou de signalétique. Ces barrières sont tout aussi efficaces pour exclure que n’importe quel texte de règlement.
Et pourtant, cette exclusion passe souvent inaperçue. Elle semble “technique”, “logistique”, “temporaire”… Mais elle est réelle. Elle dit, silencieusement mais clairement : “ce lieu n’est pas pour vous.”
Comme le juge l’a rappelé dans le cas de la cycliste transgenre, toute différence de traitement doit être justifiée par un objectif légitime, et reposer sur des preuves concrètes. Mais quels seraient les fondements légitimes à rendre un commerce inaccessible à une personne en fauteuil roulant ? Quel objectif supérieur justifie d’empêcher une personne malvoyante d’y faire ses courses en toute autonomie ? Il n’y en a pas.
Et comme dans l’affaire du cyclisme, cette exclusion n’est pas le fruit du hasard : elle résulte de décisions, de règlements, de normes, ou du manque de volonté politique ou économique. Elle est systémique. Et c’est pourquoi elle doit être démantelée, comme on démonte une injustice.
L’accessibilité n’est pas une faveur. C’est un droit.
Un commerce, un restaurant, un bureau de poste, une librairie ne sont pas des espaces privés de relations sélectives : ils sont des lieux d’utilité sociale. Refuser l’accessibilité, c’est refuser la citoyenneté pleine et entière à toute une partie de la population.
Aujourd’hui, la justice nous rappelle que l’exclusion, même masquée, même justifiée par des règles, reste une discrimination
Ne laissons pas nos trottoirs, nos vitrines, nos entrées devenir les équivalents architecturaux de règlements injustes.
Rendons nos commerces accessibles.
Rendons nos villes justes.
Rendons notre société vraiment inclusive.