Autisme : parler enfin de vie affective et sexuelle
À Ajaccio et Bastia, Danielle Dave a partagé son expérience de femme autiste et de proche aidante. Consentement, soins, intimité et communication étaient au cœur de deux conférences ouvertes à tous.
Tima Miroshnichenko © Pexels
Les personnes autistes ont, comme tout le monde, le droit de vivre une vie intime, affective et sexuelle respectée. Pourtant, ces questions restent encore trop souvent entourées de tabous, notamment lorsqu’une déficience intellectuelle ou des difficultés de communication sont également présentes.
Dans le cadre de la Semaine de la santé sexuelle 2026, le Centre Ressource Intim’Agir Corse et ses partenaires ont organisé deux conférences intitulées « Santé sexuelle : corps, soins, relations et consentement ». Elles se sont déroulées le 1er juin à Ajaccio et le 3 juin à Bastia.
Les rencontres étaient animées par Danielle Dave, femme autiste, formatrice auprès d’EDI Formation et proche aidante. Sa fille de 27 ans est autiste, non verbale et présente une déficience intellectuelle associée. Cette double expérience, personnelle et professionnelle, lui permet de proposer une approche directement ancrée dans les réalités quotidiennes.
Plusieurs sujets essentiels ont été abordés : le droit à une vie affective et sexuelle, le consentement, l’hygiène, l’accès aux soins gynécologiques et l’accompagnement de certains comportements liés à la sexualité. Danielle Dave a également présenté des outils développés pour soutenir l’autonomie et l’autodétermination de sa fille.
Une attention particulière a été accordée à la Communication Alternative et Améliorée (CAA). Celle-ci rassemble différents moyens permettant aux personnes qui parlent peu ou pas de communiquer leurs besoins, leurs choix, leurs émotions ou leur refus. Dans le domaine de l’intimité et de la santé sexuelle, pouvoir s’exprimer clairement constitue une condition essentielle au respect du consentement.