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Handicap et pauvreté : le combat autour de l’AAH

Une pétition signée par plus de 78 000 personnes réclame une AAH individualisée et supérieure au seuil de pauvreté. Si la déconjugalisation constitue une avancée, son montant maximal reste inférieur au dernier seuil publié.

Photos gratuites de @extérieur, action civique, action collective
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Mikkel Kvist © Pexels

Comment garantir une vie digne aux personnes dont le handicap limite fortement l’accès à l’emploi ? Cette question est au centre d’une pétition lancée par Gabrielle Henry et soutenue par plus de 78 000 signataires. Son message est clair : le handicap ne doit pas conduire automatiquement à la pauvreté.

La mobilisation est née en 2019, alors que le gouvernement envisageait d’intégrer l’Allocation aux adultes en situation de handicap (AAH) au projet de Revenu universel d’activité. L’autrice redoutait que cette fusion fasse perdre à l’AAH sa spécificité et soumette ses bénéficiaires à des obligations d’insertion professionnelle inadaptées à certaines situations.

L’AAH garantit un revenu minimal aux personnes présentant un taux d’incapacité d’au moins 80 %. Elle peut également être accordée lorsque ce taux se situe entre 50 et 79 %, si le handicap entraîne une restriction importante et durable d’accès à l’emploi reconnue par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes en situation de handicap.

La pétition formulait plusieurs revendications : conserver une allocation propre au handicap, revaloriser son montant au-dessus du seuil de pauvreté, ne plus tenir compte des revenus du conjoint et renforcer l’accessibilité des logements neufs.

L’une de ces demandes a depuis abouti. Depuis le 1er octobre 2023, l’AAH est déconjugalisée : son calcul repose désormais sur les ressources personnelles du bénéficiaire et non plus sur celles de son conjoint. Une mesure destinée à renforcer l’indépendance financière des personnes en situation de handicap.

En 2026, l’AAH demeure une prestation autonome régie par le Code de la sécurité sociale. Depuis le 1er avril, son montant mensuel maximal est fixé à 1 041,59 euros pour une personne sans autre ressource. Ce montant varie toutefois selon les revenus, les pensions et la situation professionnelle du bénéficiaire.

La question de la pauvreté reste néanmoins posée. Le dernier seuil publié par l’Insee s’élève à 1 337 euros par mois pour une personne seule en 2024. L’écart avec l’AAH maximale atteint donc environ 295 euros. Cette comparaison ne suffit pas à déterminer le niveau de vie réel de chaque bénéficiaire, car d’autres prestations ou ressources peuvent s’ajouter, mais elle illustre la faiblesse du revenu garanti.

À cela peuvent s’ajouter les dépenses liées au handicap : aide humaine, matériel adapté, soins, transports ou aménagement du logement. La revendication dépasse donc le seul montant de l’allocation. Elle interroge plus largement la capacité de la solidarité nationale à garantir l’autonomie, la dignité et la participation sociale des personnes concernées.

Sources