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Le braille face au défi technologique

À 200 ans, le braille voit son usage reculer. Entre innovations numériques et manque d’enseignants, ses défenseurs alertent sur un risque d’illettrisme et l’urgence de préserver cet outil essentiel d’autonomie.

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cottonbro studio © Pexels

 

Le braille, inventé en 1825 par Louis Braille, demeure l’un des piliers de l’autonomie des personnes aveugles et malvoyantes. Pourtant, en France, seuls 15 % des près de deux millions de déficients visuels le maîtrisent encore. Un recul inquiétant pour un système d’écriture qui permet non seulement de lire du bout des doigts, mais aussi de comprendre la langue, ses structures et sa grammaire.

Selon Bruno Gendron, président de la Fédération des aveugles de France, la tendance est clairement à la baisse : manque d’enseignants spécialisés, difficultés d’accès et concurrence du tout-numérique. Synthèse vocale, livres audio, dictée vocale ou encore intelligence artificielle séduisent une nouvelle génération de personnes devenues malvoyantes sur le tard. Plus simple, plus rapide… mais au détriment de l’accès véritable à la lecture.

Pour Thibaut de Martimprey, directeur du Campus Louis Braille à Paris, le braille reste pourtant « la seule solution pour accéder à l’écrit, à la lecture, à l’écriture, pour ne pas être illettré ». Une position partagée par Pierre Marragou (Apidv), qui rappelle que la lecture tactile permet de visualiser l’orthographe, réfléchir à ce que l’on écrit et disposer de notes en public. Pour lui, affirmer que le braille serait dépassé relève de l’absurde : « C’est comme dire aux voyants qu’ils n’ont plus besoin d’apprendre à lire grâce à Siri. »

Les conséquences se mesurent aussi dans la réussite scolaire. L’étude Homère (2024) révèle que 35 % des utilisateurs du braille ont un niveau d’étude inférieur au bac, contre 51 % chez ceux qui ne le maîtrisent pas. Une différence significative, montrant l’impact de cet outil sur l’autonomie éducative et professionnelle.

Mais un obstacle majeur subsiste : le coût des ouvrages en braille, notamment électroniques, reste élevé. Interpellée, la ministre déléguée au Handicap, Charlotte Parmentier-Lecocq, promet de « continuer à promouvoir » le braille et de garantir l’accès aux livres adaptés, rappelant qu’« aucun enfant ne doit être empêché d’apprendre à lire parce qu’il ne voit pas ».

Enfin, les associations militent pour une reconnaissance symbolique forte : l’inscription du braille au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Une manière de valoriser un langage utilisé par six millions de personnes dans le monde et de rappeler son importance vitale pour l’inclusion.


Sources 

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