Le surcoût du handicap
Le handicap engendre un surcoût important au quotidien, lié notamment aux besoins en assistance humaine (assistant personnel), en aides techniques, en soins, en frais de transport ou en aménagements spécifiques.
Le surcoût du handicap n’est pas une abstraction : il correspond à une réalité quotidienne faite de dépenses supplémentaires indispensables pour vivre dignement. Ces coûts concernent l’aide humaine, les soins, les transports, les aménagements du logement, les frais de transport ou encore les aides techniques, autant d’éléments qui ne relèvent pas du confort mais bien de la participation à la vie sociale. À Bruxelles, cette situation est particulièrement préoccupante, car elle s’inscrit dans un contexte de recul progressif des soutiens publics, qui transfère de plus en plus la charge financière vers les personnes concernées elles-mêmes.
La suppression du Budget d’Assistance Personnel (BAP) a privé de nombreuses personnes d’un levier essentiel pour organiser leur autonomie au quotidien, notamment pour financer une aide humaine adaptée. Parallèlement, les modifications intervenues suite aux transferts de compétences entre le service PHARE et Iriscare ont entraîné une diminution des aides individuelles, rendant l’accès aux dispositifs existants plus complexe et souvent moins généreux. À cela s’ajoute la réduction du nombre de titres-services disponibles, passé de 2 000 à 1 000, ce qui augmente mécaniquement le reste à charge pour les bénéficiaires ayant besoin d’aide à domicile.
Les restrictions dans l’accès aux soins aggravent encore cette situation. La diminution des prestations de logopédie et de kinésithérapie, pourtant essentielles pour maintenir ou améliorer l’autonomie, oblige de nombreuses personnes à financer elles-mêmes des séances supplémentaires ou à renoncer à certains suivis. De même, la quasi-disparition de solutions de transport adaptées comme les Taxibus limite fortement la mobilité, contraignant les usagers à recourir à des alternatives privées nettement plus coûteuses, avec un impact direct sur leur capacité à travailler, se former ou simplement participer à la vie sociale.
À ces éléments s’ajoutent des décisions prises dans d’autres entités, comme la suppression des allocations familiales majorées en Wallonie en cas de cumul avec certaines allocations fédérales, qui témoignent d’une tendance plus large à la restriction des droits. Même si cette mesure ne concerne pas directement Bruxelles, elle illustre un mouvement global de fragilisation des dispositifs de soutien, dont les effets se répercutent sur les parcours de vie, notamment pour les personnes qui passent d’une région à l’autre ou qui dépendent de dispositifs multiples.
Pris dans leur ensemble, ces facteurs génèrent un surcoût mensuel estimé entre 950 et 3 000 euros, selon le niveau de handicap et les besoins spécifiques. Ce montant, déjà conséquent, peut être encore plus élevé pour les situations nécessitant une assistance quotidienne importante. Il ne s’agit pas de dépenses exceptionnelles, mais bien de coûts structurels, récurrents et incompressibles, qui conditionnent directement l’autonomie et la qualité de vie.
Face à ce constat, il est essentiel de réaffirmer que la solidarité ne peut être une variable d’ajustement budgétaire. Le financement du handicap doit être envisagé comme un investissement dans l’inclusion, et non comme une charge. Garantir un accès suffisant aux aides humaines, aux soins, aux transports et aux aménagements, c’est permettre à chacun de participer pleinement à la société. À défaut, le risque est clair : voir se creuser davantage les inégalités et compromettre durablement les droits fondamentaux des personnes en situation de handicap.