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Privée de son allocation, une jeune femme amputée et cardiaque se retrouve sans ressources

Léa Ligny, 24 ans, a perdu son Allocation aux adultes handicapés après une réévaluation de son taux d’invalidité. Une décision qui met en péril son quotidien et soulève des questions sur les critères d’attribution de cette aide essentielle.


Temps de lecture estimé : 4 minutes

Une réévaluation qui change tout

Léa Ligny, habitante du Manoir, traverse une période difficile. Amputée d’une jambe et atteinte de problèmes cardiaques, elle bénéficiait jusqu’à présent de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH). Pourtant, en février 2025, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l’Eure a décidé de ne pas renouveler son allocation, arguant que son autonomie lui permettait d’exercer une activité professionnelle à mi-temps.

Cette décision fait suite à une réévaluation de son taux d’invalidité, qui est passé de plus de 80 % à un niveau compris entre 50 et 79 %. Ce changement la prive désormais des 1 016,05 euros qu’elle percevait chaque mois, une perte brutale pour la jeune femme qui, malgré son état, se voit contrainte de trouver un emploi.


"Apparemment, je suis normale"

L’annonce a été un choc pour Léa, qui ne comprend pas cette réévaluation. "Il n'y a rien qui a changé, j'ai toujours le même handicap, j'ai toujours autant de problèmes. Je ne suis pas assez handicapée pour eux. Apparemment, je suis normale", déplore-t-elle auprès d’Ici Normandie.

Sa famille partage son incompréhension. Sa mère, indignée, rappelle la réalité du quotidien de sa fille :

"Quand on est amputé, on est amputé pour la vie. [...] Elle est cardiaque de naissance, son cœur n'ira jamais bien. J'espère qu'ils vont lui trouver un travail. Nous, on n'a pas réussi parce qu'elle est trop fatiguée."

Face à cette situation, un recours a été déposé pour contester la décision et tenter d’obtenir un réexamen de son dossier.


Qu'est-ce que l’AAH ?

L’Allocation aux adultes handicapés (AAH) est une aide financière destinée aux personnes en situation de handicap, permettant d’assurer un revenu minimum lorsqu’elles ne peuvent pas travailler en raison de leur état de santé. Elle est attribuée en fonction du taux d’incapacité :

  • 80 % ou plus : attribution automatique si les conditions de ressources sont remplies.

  • Entre 50 et 79 % : accordée uniquement si le handicap représente une restriction substantielle et durable à l'emploi.

En 2023, environ 1,35 million de personnes percevaient cette allocation en France, un chiffre en hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.


Un système à revoir ?

L’affaire de Léa met en lumière les difficultés rencontrées par certaines personnes en situation de handicap pour obtenir ou conserver l’AAH. Beaucoup dénoncent un manque de cohérence dans l’évaluation des incapacités, qui peut avoir de lourdes conséquences sur leur quotidien.

Le débat autour de l’AAH ne cesse d’alimenter les discussions sur les droits des personnes handicapées et la nécessité d’un accompagnement plus adapté aux réalités de chacun.


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