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Taxibus à Bruxelles : la colère des PMR grandit

À Bruxelles, la fin annoncée des minibus Taxibus inquiète les personnes à mobilité réduite. Entre contraintes budgétaires et droit à l’autonomie, la décision fait débat.

Appareil Photo Numérique Olympus
Appareil Photo Numérique Olympus
Florian Avramescu © Pexels

Plusieurs dizaines de personnes à mobilité réduite se sont rassemblées devant le cabinet de la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt, pour dénoncer la fin progressive des minibus Taxibus de la STIB. Ce service, destiné aux personnes en situation de handicap, permet aujourd’hui des déplacements de porte à porte, souvent indispensables pour se rendre à un rendez-vous médical, travailler, participer à une activité sociale ou simplement conserver une vie autonome.

La Région bruxelloise affirme toutefois que l’offre Taxibus sera maintenue, mais sous une autre forme : les trajets seraient désormais assurés principalement par des taxis, et non plus par les minibus de la STIB arrivés en fin de vie. Selon les informations communiquées, les taxis assuraient déjà 83 % des courses en 2025, contre 17 % pour les minibus STIB. Une dotation de 6,7 millions d’euros est prévue dans le budget 2026 afin de garantir la continuité du service.

Pour les autorités, ce choix répond à une logique de soutenabilité financière. Le remplacement des minibus représenterait un investissement estimé à environ 4,5 millions d’euros. Le coût moyen d’une course serait également plus élevé avec les véhicules STIB qu’avec les taxis. La ministre défend donc une réorganisation destinée à maintenir le service tout en maîtrisant les dépenses publiques.

Mais du côté des usagers et des associations, l’inquiétude est forte. Beaucoup craignent une perte de qualité, de fiabilité et d’adaptation aux besoins spécifiques des personnes à mobilité réduite. Pour certains utilisateurs, Taxibus n’est pas un service secondaire : c’est une condition concrète d’accès aux soins, à l’emploi, aux loisirs et à la vie sociale. La crainte principale est que le passage vers un modèle reposant davantage sur les taxis réduise encore les possibilités de déplacement, dans un contexte où les réservations sont déjà jugées difficiles.

Cette situation soulève une question essentielle : comment garantir une mobilité réellement accessible dans une ville qui affirme vouloir être inclusive ? L’accessibilité ne se limite pas à l’existence d’un service sur papier. Elle suppose aussi des véhicules adaptés, des horaires fiables, des réservations possibles et une réponse concrète aux besoins des personnes concernées.

Au-delà du débat budgétaire, la mobilisation rappelle que la mobilité est un droit fondamental. Pour les personnes à mobilité réduite, perdre un service adapté peut signifier perdre une part d’autonomie. Les prochaines décisions seront donc déterminantes pour savoir si Bruxelles parvient à concilier gestion financière et inclusion réelle.

Sources


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