Un refus pour 10 cm : une famille PMR laissée sans solution
À Péruwelz, un couple se voit refuser l’installation d’une rampe PMR fixe pour seulement 10 cm de trottoir manquant. Une situation kafkaïenne qui illustre les obstacles quotidiens auxquels font face les personnes à mobilité réduite.
Plato Terentev © Pexels
À Péruwelz, l’histoire de Jaime et de son mari Jean-Philippe, atteint de la maladie de Charcot-Marie-Tooth et en fauteuil roulant, soulève une fois de plus la question de l’accessibilité réelle pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Depuis un an, le couple sollicite l’installation d’une rampe fixe devant leur domicile afin de franchir deux marches de 12 et 18 cm qui les condamnent à dépendre de voisins pour entrer ou sortir de chez eux.
Malgré un dossier complet et des plans déposés, la commune a émis un avis défavorable. La raison : la rampe laisserait 1,40 m de passage sur le trottoir, alors que la norme régionale impose un minimum de 1,50 m pour garantir le passage sécurisé d’autres usagers, notamment personnes en fauteuil, poussettes ou piétons fragiles. Dix centimètres qui, sur le papier, font toute la différence… mais qui, dans la réalité, enferment littéralement Jean-Philippe chez lui.
La commune propose une rampe amovible, qui devrait être installée et retirée à chaque utilisation. Mais pour Jaime, déjà seule pour gérer les gestes du quotidien, cette alternative n’est pas viable : elle implique une assistance permanente — exactement ce que la famille tente d’éviter.
Interrogé par RTL Info, Patrick Charlier, directeur d’UNIA, rappelle que ces normes ont été pensées pour protéger tous les usagers. Toutefois, il encourage la recherche d’un compromis, en collaboration avec des associations expertes comme CAWaB, capables d’analyser la configuration précise du terrain et d’imaginer des solutions adaptées.
Cette situation, loin d’être isolée, témoigne d’une tension permanente entre normes urbanistiques strictes et besoins humains fondamentaux. En Belgique, l’accessibilité est un droit, mais encore trop souvent un parcours d’obstacles. L’affaire de Péruwelz montre qu’une différence de dix centimètres peut suffire à priver une personne de sa liberté de mouvement — et rappelle l’importance d’une approche plus flexible et individualisée.
Sources :
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Article RTL Info : https://www.rtl.be/actu/vos-temoignages/mon-mari-est-en-prison-chez-lui-la-femme-de-jean-philippe-voudrait-installer-une/2025-11-27/article/771785
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CAWaB – expertise accessibilité : https://cawab.be
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UNIA – Centre pour l’égalité des chances : https://unia.be
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