Webipairs 6 : Mobilité

Lors de notre sixième Webipairs, nous avons abordé la question de la Mobilité et du Handicap. Nous avons souhaité nous intéresser à la vision de l’usager (celle de nos participant.e.s) et non pas du technicien (celle du travailleur.euse ou conducteur.rice

La séance s’est ouverte par la présentation des participant.e.s. Durant celle-ci, l'une des participant.e.s nous a fait part des problèmes liés à la mobilité qu'elle rencontre avec son handicap invisible. Cela a ouvert le débat sur les obstacles et les discriminations auxquels ces personnes en situation de handicap invisible sont confrontées. 

La discussion s’est ensuite organisée selon les sept angles suivants:

  • Présentation d'Autonomia
  • Tour de table
  • Transports en commun
  • Transport individuel
  • Vos expériences
  • Solutions
  • Bibliographies

Les idées capitales ressorties lors de ce webipairs sont les suivantes:

Les personnes à handicap invisible se sentent discriminées et exclues des designs et infrastructures de la mobilité. En effet, elles questionnent l'inconfort des arrêts de bus concernant les chaises souvent hors d'usage ou encore l'indisponibilité des ascenseurs et escalators. Par exemple, une personne ayant une maladie dégénérative ne lui permettant plus de tenir plus de 10 minutes sur ses jambes se sent délaissée lorsqu'elle doit emprunter les escaliers car les escalators sont en panne ou lorsqu'elle doit patienter debout à un arrêt de bus car les chaises sont trempées.

Les stéréotypes validistes sont toujours une réalité, en 2021, et les personnes en situation de handicap doivent y faire face lorsqu’ils.elles souhaitent se déplacer dans l'espace public. Voici des obstacles auxquelles celles-ci sont confrontées :

  • Le GAP : la distance quai-train ne permettant pas aux PMR d'entrer seules dans un train ou tram
  • L'inaccessibilité de certaines gares en chaise roulante : seulement 10% des gares sont accessibles en Belgique
  • Le coût du transport lorsqu'on est une personne en situation de handicap
  • Le sentiment de malaise et de peur constantes : avec le covid et le fait de rentrer et sortir par la même porte d'un bus fait qu'il y a plus de trafic et de bousculades
  • Le temps et l'organisation : dans la plupart des cas, il faut réserver 24h voire 48h en avance pour avoir un transport adapté à son handicap
  • Le transport du matériel d'une personne en situation de handicap : une chaise roulante qui se retrouve cassée à la sortie d'un avion, etc.

Tout ceci génère énormément de stress, d'anxiété et d'organisation pour la personne à handicap dès qu'elle veut sortir de chez elle. Surtout que si cette dernière s'en plaint, elle devient "fichée" et il arrive qu'on ne vienne plus la chercher.

De plus, nos participant.e.s nous ont fait part de leur angoisse concernant l'évolution rapide des technologies. Cela peut devenir très compliqué, surtout pour les personnes à handicap visuel. Concernant la mobilité, celles-ci éprouvent des difficultés à rentrer des adresses dans leur téléphone ou à manipuler une application. Cela complique donc la planification de leur trajet et les rend dépendantes d'autres personnes.

En outre, nous avons abordé la sécurité des personnes à handicap lorsqu'elles sont dans l'espace public, plus précisément dans des stations de métro si celles-ci doivent être évacuées. Bien qu'un incendie ou un attentat soient rares, les participant.e.s se questionnent vraiment sur les moyens de sauvetage mis en place pour les PMR. Il s'agit pour eux de questions vitales. 

Nous sommes persuadés que l’intelligence collective nous emmène au-delà de nos limites et de nos perceptions du réel et nous vous remercions pour cet échange riche.

Retrouvez la conférence en entier sur notre compte Youtube